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LA FLEUR DE LAPIN

Publié le par MARIE c2LANIE

Petite fille je vivais avec ma famille dans une maison en bois que nous appelions "le chalet". Tant d'années après, je me souviens encore de l'adresse : 6bis rue des évadés!

Pour entrer dans la maison, il fallait, d'abord, traverser le petit jardin qui la bordait sur sa longueur, jusqu'à la véranda où nous mangions l'été, à l'ombre de l'énorme figuier dont les figues vertes, tellement mûres qu'elles éclataient en sillons profonds qui  laissaient voir la membrane blanche protégeant la chair rose, sucrée comme du miel.

Ma mère y cultivait quelques fleurs, des glaïeuls, je crois, et nous avions de la place pour jouer.

Et dans un coin, près des bacs pour la lessive, nous avions des lapins. Pas des lapins de compagnie, des lapins destinés à finir dans nos assiettes.

Le clapier était fermé par des portes grillagées à travers lesquelles on pouvait glisser ses doigts pour essayer de les caresser, mais craintifs, ils se réfugiaient, tout tremblants au fond des cages. On leur donnait de l'herbe, les fanes des carottes et des radis, et on les regardait manger.

Et puis, pof! un jour le lapin disparaissait!

Je ne me souviens pas d'avoir été choquée de manger les lapins si doux et si mignons. Un jour, ils étaient là, et l'autre on mangeait du lapin à la moutarde avec beaucoup de crème fraîche.

Pourtant, il advint que je m'inquiétai de ce va et vient.

"Dis? D'où ils viennent , les lapins?"

C'est sérieux, une question d'enfant. Il faut savoir y répondre.

Alors, mon père me prit par la main et me conduisit tout près des cage vides. Nous avons creusé  quelques petits trous au fond desquels nous avons semé.....les dents du lapin. Avec soin. En marquant l'endroit.

Chaque jour, j'allais les arroser, croyant apercevoir, entre les mottes de terre le duvet d'une oreille ou le pompon d'une queue.

Et ce matin-là, après avoir si longtemps espéré, je courus, triomphante dans la cuisine:

"Regardez! Regardez! Une fleur de lapin"

 

   

 

Lapin à ma façon

 

On se plaint souvent de la viande de lapin. Elle serait trop sèche. C'est un peu vrai, mais il y a des astuces.

D'abord, ne choisissez pas un gros lapin, si vous êtes nombreux, préférez 2 lapins plus petits, ou n'achetez que des râbles et des pattes avant. Les grosses cuisse arrières sont les morceaux les plus secs.

Coupez votre lapin en morceaux, frottez-le de thym, de laurier ou de toute autre pante aromatique, puis avec une gousse d'ail coupé en deux, et, puis, aussi un peu de poivre. Enroulez tout ça dans du film étirable , et  au frais quelques heures, voire une nuit. Et vous aurez alors, un lapin parfumé à souhait.

Faites fondre le beurre dans une cocotte, et posez vos morceaux de lapin légèrement enrobés de farine. Ils vont dorer doucement, et vous les retournerez pour qu'ils dorent de partout.

Alors vous les laisserez reposer dans un plat creux.

Jetez l'oignon haché (au printemps et en été, utiliser des oignons nouveaux, le blanc comme le vert) avec quelques lardons fumés. J'ai bien dit "quelques". Il sera temps de rajouter le lapin, sans oublier le jus qu'il a laissé au fond du plat et couvrez-le d'un bouillon de volaille dans lequel vous aurez fait infuser une gousse d'ail et quelques graines de cardamone.

Maintenant, laissez votre lapin tranquille, couvrez-le bien, et laissez-le. N'y touchez plus! Et il vous le rendra en étant tendre et moelleux.

Ajoutez le jus de citron, la coriandre hachée (ou le persil plat), du sel et du poivre, bien sûr. Pas trop.

Servez-le dans sa sauce liquide et odorante avec des pommes de terre ou du riz. Ou ce que vous voudrez...

 

 

©Marie Célanie

Commenter cet article

FRANCOIS 01/12/2016 21:35

un p'tit blanc dedans ?

Marie-Françoise Saulue-Laborde 01/12/2016 23:38

pourquoi pas?