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LA FLEUR DE LAPIN

Publié le par MARIE c2LANIE

Petite fille je vivais avec ma famille dans une maison en bois que nous appelions "le chalet". Tant d'années après, je me souviens encore de l'adresse : 6bis rue des évadés!

Pour entrer dans la maison, il fallait, d'abord, traverser le petit jardin qui la bordait sur sa longueur, jusqu'à la véranda où nous mangions l'été, à l'ombre de l'énorme figuier dont les figues vertes, tellement mûres qu'elles éclataient en sillons profonds qui  laissaient voir la membrane blanche protégeant la chair rose, sucrée comme du miel.

Ma mère y cultivait quelques fleurs, des glaïeuls, je crois, et nous avions de la place pour jouer.

Et dans un coin, près des bacs pour la lessive, nous avions des lapins. Pas des lapins de compagnie, des lapins destinés à finir dans nos assiettes.

Le clapier était fermé par des portes grillagées à travers lesquelles on pouvait glisser ses doigts pour essayer de les caresser, mais craintifs, ils se réfugiaient, tout tremblants au fond des cages. On leur donnait de l'herbe, les fanes des carottes et des radis, et on les regardait manger.

Et puis, pof! un jour le lapin disparaissait!

Je ne me souviens pas d'avoir été choquée de manger les lapins si doux et si mignons. Un jour, ils étaient là, et l'autre on mangeait du lapin à la moutarde avec beaucoup de crème fraîche.

Pourtant, il advint que je m'inquiétai de ce va et vient.

"Dis? D'où ils viennent , les lapins?"

C'est sérieux, une question d'enfant. Il faut savoir y répondre.

Alors, mon père me prit par la main et me conduisit tout près des cage vides. Nous avons creusé  quelques petits trous au fond desquels nous avons semé.....les dents du lapin. Avec soin. En marquant l'endroit.

Chaque jour, j'allais les arroser, croyant apercevoir, entre les mottes de terre le duvet d'une oreille ou le pompon d'une queue.

Et ce matin-là, après avoir si longtemps espéré, je courus, triomphante dans la cuisine:

"Regardez! Regardez! Une fleur de lapin"

 

   

 

Lapin à ma façon

 

On se plaint souvent de la viande de lapin. Elle serait trop sèche. C'est un peu vrai, mais il y a des astuces.

D'abord, ne choisissez pas un gros lapin, si vous êtes nombreux, préférez 2 lapins plus petits, ou n'achetez que des râbles et des pattes avant. Les grosses cuisse arrières sont les morceaux les plus secs.

Coupez votre lapin en morceaux, frottez-le de thym, de laurier ou de toute autre pante aromatique, puis avec une gousse d'ail coupé en deux, et, puis, aussi un peu de poivre. Enroulez tout ça dans du film étirable , et  au frais quelques heures, voire une nuit. Et vous aurez alors, un lapin parfumé à souhait.

Faites fondre le beurre dans une cocotte, et posez vos morceaux de lapin légèrement enrobés de farine. Ils vont dorer doucement, et vous les retournerez pour qu'ils dorent de partout.

Alors vous les laisserez reposer dans un plat creux.

Jetez l'oignon haché (au printemps et en été, utiliser des oignons nouveaux, le blanc comme le vert) avec quelques lardons fumés. J'ai bien dit "quelques". Il sera temps de rajouter le lapin, sans oublier le jus qu'il a laissé au fond du plat et couvrez-le d'un bouillon de volaille dans lequel vous aurez fait infuser une gousse d'ail et quelques graines de cardamone.

Maintenant, laissez votre lapin tranquille, couvrez-le bien, et laissez-le. N'y touchez plus! Et il vous le rendra en étant tendre et moelleux.

Ajoutez le jus de citron, la coriandre hachée (ou le persil plat), du sel et du poivre, bien sûr. Pas trop.

Servez-le dans sa sauce liquide et odorante avec des pommes de terre ou du riz. Ou ce que vous voudrez...

 

 

©Marie Célanie

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Sainte Cécile : concert des professeurs de l'Ecole de Musique de Boisd'Arcy

Publié le par Marie Célanie

Concert vraiment superbes! Malheureusement les photos ne sont pas à la hauteur de l’événement : la photographie de spectacle est un exercice difficile, et que je ne maîtrise pas du tout! . Voici, malgré tout,de quoi vous faire rêver en musique quand même...!
Concert vraiment superbes! Malheureusement les photos ne sont pas à la hauteur de l’événement : la photographie de spectacle est un exercice difficile, et que je ne maîtrise pas du tout! . Voici, malgré tout,de quoi vous faire rêver en musique quand même...!
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Concert vraiment superbes! Malheureusement les photos ne sont pas à la hauteur de l’événement : la photographie de spectacle est un exercice difficile, et que je ne maîtrise pas du tout! . Voici, malgré tout,de quoi vous faire rêver en musique quand même...!
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Concert vraiment superbes! Malheureusement les photos ne sont pas à la hauteur de l’événement : la photographie de spectacle est un exercice difficile, et que je ne maîtrise pas du tout! . Voici, malgré tout,de quoi vous faire rêver en musique quand même...!

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LE TOURMENT D'AMOUR

Publié le par Marie Célanie

Le Tourment d'Amour... quel nom pour un gâteau!

J'en ai cherché l'origine, mais n'ai rien trouvé de vraiment convaincant.

Peut-être, simplement, ce gâteau est-il aussi délicieux que le tourment que ressentent les amoureux....

 

Mais, en cherchant, j'ai trouvé autre chose.....

L'histoire se passe en Guadeloupe, et non aux Saintes, comme on le croit trop souvent.

(Comme vous le savez, les Saintes composent un archipel au large de la Guadeloupe, peuplé de pêcheurs. Enfin, autrefois)

Donc, dans les années 20, à Pointe à Pitre, en Guadeloupe, fleurissaient les cuisinières. Elles préparaient plats et desserts à la commande pour les familles aisées lors des fêtes familiales ou des banquets. Et il fallait les voir défiler, pour la fête des cuisinières, en costume créole : robes en madras, jupons dépassant, mouchoirs de tête, grains d'or et colliers choux, toutes portant un plateau garni de victuailles!

Parmi elles, se distinguait  une jeune femme, belle et grande capresse, mariée à un saintois. Cette jeune femme, originaire de la commune de Baie-Mahault, s'était fait une spécialité d'un gâteau à la confiture de coco.

Sachez que cette dame s'appelait  Eugénie...Célany ou Célanie, on ne sait plus très bien. Eugénie que ses neveux appelaient Tante Pitite, et qu'on appellerait plus tard, Man Nini. C'est elle qui, revenue aux Saintes avec son mari, ouvrit un restaurant et y commercialisa son gâteau qui devint un symbole de la gastronomie saintoise et guadeloupéenne.

Eugénie Célanie, la grande sœur de mon beau-père, serait donc celle qui perfectionna, et sans doute, donna  son nom au "Tourment d'amour".

Vrai ou faux? Peu importe, l'histoire est belle, et Eugénie a bien existé.

 

Pour réaliser un Tourment d'Amour, il n'est pas nécessaire d'être amoureux, mais ça peut aider.

Il vous faudra réunir quelques ingrédients. Tout d'abord, un moule à gâteau rond, à bords hauts, de la confiture de coco (on en trouve dans les grandes surfaces et les épiceries exotiques) des œufs, de la farine, du beurre, des gousses de vanille, du lait, un zeste de citron (vert, bien sûr)et un peu de son jus (du citron). Et de l'essence de vanille.

Non, non, non ce n'est pas ce que vous avez l'habitude d'acheter sous ce nom. L'essence de vanille est une préparation artisanale que prépare chaque famille guadeloupéenne et qui sert à parfumer les gâteaux, les crèmes, les sorbets. Dans un excellent rhum blanc, faites macérer des bâtons de cannelle, des gousses de vanille, des zestes de citron et d'autres ingrédients tenus secrets, et que je n'ai pas le droit de dévoiler, et que d'ailleurs vous ne trouverez pas en métropole. Fermer le bocal et attendre un mois avant de l'utiliser.

Le Tourment d'Amour se compose de 3 préparations : le fond, la crème et le biscuit.

Pour le fond du gâteau, oubliez toutes les pâtes à tarte industrielles tant brisée que sablée. Prenez votre courage à deux mains, retroussez vos manches, nouez votre tablier, et lancez-vous!

Battez les œufs, le sucre jusqu'à ce qu'ils blanchissent, ajoutez le beurre et versez sur la farine. En malaxant, vous obtiendrez une pâte qui, roulée en boule, attendra une heure au frais.

Passez alors au biscuit fouetté: battez les jaunes d'œufs et le sucre de la même manière, ajoutez la farine et battez les blancs en neige, mélangez en ajoutant le zeste râpé du citron et quelques gouttes de son jus à la pâte.

Respirez: c'est tout le parfum des Antilles qui vous envahit!

Laissez reposer la pâte, le temps de préparer la crème.

Faites bouillir le lait avec les gousses de vanille. Certains les ouvrent et grattent les graines, d'autres les laissent entières, ou encore les cassent, par le milieu; peu importe, si vos gousses sont fraîches, un peu renflées et brillantes, leur parfum se libèrera de toutes façons. Et si elles sont un peu sèches, aussi, d'ailleurs.

Pendant ce temps, battez les œufs et le sucre (oui, je sais, on se répète, mais c'est ça la pâtisserie, des œufs et du sucre), puis la farine. Versez doucement une partie du lait chaud (vous en aurez préalablement retiré les gousses de vanille, bien sûr) tout en remuant, puis versez le tout dans le reste du lait, à feu doux, et tout en tournant, laissez la crème se former.

A ce moment-là, et à ce moment-là, seulement, ajouter une bonne cuillère à soupe d'essence de vanille. A défaut, utilisez un très bon rhum vieux (le Tourment d'Amour ne souffre pas la médiocrité).

Laissez refroidir avant d'incorporer la confiture de coco.

Il est temps maintenant de monter le gâteau.

Etalez votre pâte sur le fond et les bords du moule. Versez abondamment la crème au coco et recouvrez avec le biscuit fouetté.

Enfournez. Allez, 40mn?

Le Tourment d'Amour se mange complètement refroidi.

Evitez de le servir à la fin d'un repas.

 Mais, en fin d'après-midi, installez-vous dans un fauteuil avec une tasse de chocolat, chaud, épais et odorant et dégustez votre Tourment d'Amour qui répand ses effluves de citron, de vanille, de rhum et de coco, en rêvant, que, de votre hamac, vous entendez le bruit de la mer et du vent, dans les palmes des cocotiers, un alizée qui souffle doucement pour rafraîchir l'atmosphère.

Fermez les yeux....

Bienvenue aux Antilles....

 

©Marie Célanie

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des feuilles et un mur

Publié le par Marie Célanie

Des feuillages, du soleil, un mur blanc.....Des feuillages, du soleil, un mur blanc.....Des feuillages, du soleil, un mur blanc.....

Des feuillages, du soleil, un mur blanc.....

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Autumn leaves

Publié le par Marie Célanie

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais avant, elles colorent le ciel
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais avant, elles colorent le ciel
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais avant, elles colorent le ciel
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais avant, elles colorent le ciel
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais avant, elles colorent le ciel

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais avant, elles colorent le ciel

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Des branches et un mur

Publié le par Marie Célanie

J'ai pris l'habitude de photographier ces branches de prunier qui se détachent sur le mur de clôture de mon jardin, au fil des saisons. Voici donc les branches en automne!
J'ai pris l'habitude de photographier ces branches de prunier qui se détachent sur le mur de clôture de mon jardin, au fil des saisons. Voici donc les branches en automne!
J'ai pris l'habitude de photographier ces branches de prunier qui se détachent sur le mur de clôture de mon jardin, au fil des saisons. Voici donc les branches en automne!
J'ai pris l'habitude de photographier ces branches de prunier qui se détachent sur le mur de clôture de mon jardin, au fil des saisons. Voici donc les branches en automne!
J'ai pris l'habitude de photographier ces branches de prunier qui se détachent sur le mur de clôture de mon jardin, au fil des saisons. Voici donc les branches en automne!

J'ai pris l'habitude de photographier ces branches de prunier qui se détachent sur le mur de clôture de mon jardin, au fil des saisons. Voici donc les branches en automne!

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La Chambre aux Mille Secrets

Publié le par Marie Célanie

Tu m'avais offert une fenêtre, ouverte sur les étoiles.

Et, allongés sur le lit, main dans la main, nous les regardions en silence, et nous volions vers elles, toi et moi.

Mais un jour, sans raison, sans un mot, tu fermas la fenêtre et ce fut comme si elle n'avait jamais existé.

Et tu sortis de la chambre aux mille secrets.

Tu refermas la porte sur le lit défait, les vêtements épars et la vaisselle sale.

Me laissant dans le noir et le froid.

Longtemps, je me cognai aux murs, avant de m'effondrer sur le sol, les cheveux dénoués couvrant mes épaules, le corps meurtri.

Les secrets de la chambre hurlaient à mes oreilles, couvrant mes pleurs.

Enfin, je pus ouvrir la porte.

Je sortis, dans la lumière blafarde et je fermai à clé la chambre aux mille secrets.

Je partis.

Droit devant moi.

Sans réfléchir.

Sans m'arrêter.

J'allais. Loin de la chambre aux mille secrets.

J'allais, jusqu'aux confins du monde, là où la terre finit, la où le monde se fond dans la mer.

Comment y arrivai-je enfin? Je ne sais plus. Mes pieds avançaient, comme guidés, comme si une voie se traçait devant eux.

La mer m'attendait.

J'entrai dans l'eau et nageai aussi loin que je pus, aussi longtemps que je pus.

Et là, j'ouvris mon poing fermé et je jetai la clé de la chambre aux mille secrets. Je la laissai tomber au fond de l'océan,

Pour que jamais personne ne la retrouve,

Pour que jamais personne ne rouvre la porte de la chambre aux mille secrets.

Je sortis de l'eau et laissai sécher sur ma peau l'eau salée.

Je tressai mes cheveux ruisselants et rinçai mon visage.

Assise sur le sable, je restai longtemps à regarder le soleil se noyer à l'horizon.

Je le regardai brûler sous la surface de la mer.

Et quand il fit nuit,

Je partis.

Droit devant moi.

Sans réfléchir.

Sans m'arrêter.

Vers ailleurs.

 

©Marie Célanie

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Autour du figuier

Publié le par Marie Célanie

Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!
Des figues .... oui mais dans tous leurs états!

Des figues .... oui mais dans tous leurs états!

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Tartine Béarnaise

Publié le par Marie-Françoise Saulue-Laborde

Tartine Béarnaise

Prévoyez un oignon de bonne taille, de l'ail à volonté, des tomates mûres, évitez les cœurs de bœuf, trop charnues ou les marmandes, à la peau épaisse, choisissez de bonnes tomates rondes mûries au soleil, cueillies à point. Ayez encore quelques tranches de jambon de Bayonne. Si vous n'en avez pas, un bon jambon de pays sec, odorant et gras, fera l'affaire. Surtout, par excès de zèle, n'allez pas utiliser du jambon espagnol dit "de bellota", ce serait un crime! Ce jambon-là (ou celui de porc noir de Bigorre), on le déguste cru, à peine arrosé d'un filet d'huile d'olive, en fermant les yeux devant tant de perfection...Il vous faudra encore un morceau de fromage de brebis des Pyrénées, de type Ossau-Irraty, à base de lait cru, évidemment. Choisissez-le pas trop jeune, et pas trop sec. De larges tranches de pain de campagne à la mie blanche et alvéolée et à la croûte dorée, et dont le parfum vient vous chatouiller les narines. Evitez le pain parisien d'une marque très connue et jouissant d'un immense prestige, à la mie serrée, brune et légèrement acide. Bien sûr, de l'huile d'olive, du sel et du poivre et un peu de sucre.

Et, enfin, le roi de ce plat : le piment doux des Landes. Si vous avez le malheur de vivre au Nord de l'Adour, ne cherchez pas, vous n'en trouverez pas. Utilisez, à défaut, des poivrons, cornes si vous pouvez, sinon...les autres. Donc, une belle quantité de piments doux des Landes, autrement appelés "pipers".

Faites chauffer l'huile d'olive. Quelle merveille de voir l'huile jaune, épaisse et onctueuse s'étaler sur le fond du récipient et commencer à chanter! Jetez-y alors, une tranche de jambon coupée en petits morceaux, puis l'oignon finement haché qui va lentement dorer. A ce stade, ajoutez autant d'ail haché que vous souhaitez. La cuisine béarnaise aime le poivre et l'ail, ne les pleurez pas. Vous aurez préparé les pipers en enlevant leurs pédoncules et leurs graines, et en les coupant en tronçons que vous jetterez dans le mélange. Les pipers grésillent et leur parfum, fort, envahit la cuisine. Attention, les pipers ne piquent pas, mais ils ont un goût spécifique très prononcé. Il sera temps d'y ajouter les tomates, pelées, épépinées et coupées en dés. Vous les laisserez fondre, doucement, avec ce qu'il faut d'ail, de sel, de poivre, un peu de thym, un peu de persil, plat, laissez le persil frisé à la tête de veau qu'il décore si bien! Un peu de sucre pour combattre l'acidité de la tomate. Et on laisse cuire...Savourez ce parfum qui se répand!

Cette piperade, puisqu'il faut l'appeler par son nom, écrasez-la pour en faire une sauce épaisse et gardez-la au chaud.

Vos tranches de pain auront légèrement grillé, frottées d'ail et à peine arrosées d'huile d'olive. Une tranche de jambon par convive, vivement poêlée, la graisse devenue translucide, posée sur la tartine, saupoudrée de fromage râpé, et abondamment nappée de piperade brûlante. Améliorez le tout avec une chiffonnade de jambon, des lamelles de fromage et des petits morceaux de pipers, le tout artistiquement disposé.

Dégustez en buvant un verre de vin de Jurançon, fruité, mais sec, jaune et moelleux à l'œil et à l'estomac.

© Marie Célanie

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Poisson d'avril

Publié le par Marie Célanie

1er avril.

Le grand jour était enfin arrivé!

Les derniers mois s'étaient traînés interminablement. Bien sûr qu'elle le savait, qu'il était de son intérêt d'attendre le meilleur moment pour partir. Ça n'empêchait pas l'impatience. Elle avait consulté tous les organismes concernés, et la réponse était claire: dans son cas, pour toucher un montant de retraite correct, elle devait attendre le 1er avril, à 65 ans et 4 mois. Et on y était! Enfin!

Elle avait accompli toutes les démarches, rassemblé toutes les pièces demandées, et aujourd'hui, elle partait. Enfin!

Il faisait un joli soleil printanier, un peu frais encore, mais déjà joyeux, après les pluies de l'hiver. Les arbres étaient en fleurs, les premiers bourgeons éclataient, de ce vert tendre du printemps. Elle se sentait au diapason avec la nature: prête à refleurir. Et gare à celui qui lui parlerait de son âge .....

Elle quittait sans regrets un travail devenu fastidieux et un mode de vie de toujours plus fatigant.

Chaque matin et chaque soir elle passait une heure, et parfois plus, dans les transports en commun. Même si elle avait toujours une place assise, elle en ressentait de plus en plus la fatigue. De plus, elle avait une correspondance en cours de route. S'il pleuvait, elle était trempée, s'il faisait froid, rien ne parvenait à la réchauffer et s'il faisait chaud, elle cuisait à petit feu dans les wagons chauffés à blanc au soleil. Dernier jour de cette corvée! Ah! Non! Elle ne regretterait pas les trains de banlieue, jamais à l'heure, toujours entre une grève et un épisode de travaux, ceci justifiant les retards, les arrêts ou même les suppressions surprises qui ajoutaient facilement un quart d'heure à votre temps de trajet. Un jour, elle avait même dû prendre un taxi pour arriver au bureau: suppression de tous les trains pendant deux heures! Fini tout ça!

Donc, elle monta dans le train pour la dernière fois. Regarda encore le paysage de maisons de banlieue, petits pavillons aux jardins bien soignés, barres d'immeubles aux fenêtres ouvertes sur la voie. Parfois, par une trouée, on apercevait au loin Paris: le Sacré Cœur, la Tour Eiffel, la Tour Montparnasse. Décidément, c'était une belle journée pour partie.

Les semaines précédentes, elle avait débarrassé son bureau de toutes ses affaires personnelles.

Ces dernières années avaient pesé leur poids. Ses collègues, arrivés en même temps qu'elle ou un peu avant, étaient partis, les uns après les autres, remplacés par des jeunes gens dynamiques avec qui elle n'avait pas grand-chose en commun. Quelquefois, elle avait même du mal à comprendre ce qu'ils disaient et de quoi ils parlaient: trop de termes techniques, trop d'anglicismes. Au début, elle avait essayé de discuter avec eux, de choses et d'autres et de ce qu'ils avaient en commun: leur travail. Quand elle se rendit compte que le silence se faisait à son entrée dans une pièce ou que ses remarques étaient accueilles par des sourires en coin et des regards moqueurs, elle avait arrêté les frais. Il n'y avait pas à proprement parler de mauvaise ambiance, personne en la traitait méchamment. Deux univers se côtoyaient, le sien et le leur. Voilà tout. Elle avait fini par s'en accommoder. Mais elle s'ennuyait, son travail ne la passionnait plus, et elle avait hâte de partir.

Quelques jours plus tôt, elle avait annoncé qu'elle offrirait un pot, le 1er avril, pour son départ à la retraite. Avec jubilation, elle avait noté les regards affolés, les conciliabules: évidemment, pot signifiait cadeau et personne n'y avait pensé! Petite vengeance tellement subtile que personne ne la prit pour telle! Elle avait d'ailleurs, vicieusement prévu un pot royal : champagne, foie gras, canapés et amuses bouches sucrés et salés, le tout commandé chez un traiteur qui viendrait livrer et mettre en place. Elle se réjouissait en pensant: vous allez voir comment fonctionnent les vieux, petits morveux! Elle en riait d'avance!

Elle s'en amusa encore plus quand elle vit les regards désolés devant le magnifique buffet installé dans la salle de réunion. Ils n'avaient pas prévu de rester longtemps et regrettaient déjà de devoir partir si vite: le train les enfants, on les attendait etc.. elle souriait et disait: "mais bois au moins un verre à ma santé"

Ce qu'ils firent.

Le patron se gratta la gorge pour réclamer leur attention, il allait faire un petit discours d'adieu, et il se lança dans l'historique de ses fonctions. Elle s'approcha et lui dit gentiment: "Faisons simple. Souhaitez-moi bonne chance" Il éclata de rire, l'embrassa et lui dit "on vous regrettera, vous savez"

Peut-être...

Puis il lui offrit un cadeau au nom de l'entreprise: une tablette!!!! le modèle le plus récent!!!!

Elle s'exclama, feignant la surprise et le contentement. Qu'allait-elle bien pouvoir faire de ce truc? Le donner à l'une de ses petites filles, sans doute.

Les collègues s'approchèrent, un peu gênés, un paquet dans les mains:

"Un souvenir , pour te rappeler tous les bons moments passés ensembles"

" Merci, que c'est gentil" Et elle les embrassa, affectueusement car elle les aimait bien, finalement. Ce n'était pas de leur faute s'ils étaient jeunes...

Elle ouvrit le paquet en souriant. Elle pensait : ils ont dû se casser la tête pour trouver une idée!

Elle y trouva une bouteille d'excellent whisky (son péché mignon), un abonnement pour 2 personnes au Musée du Louvre et un autre pour le Centre Pompidou;

"Comme ça, si tu t'ennuies pendant ta retraite, tu pourras soit te bourrer la gueule soit aller au Musée" Vaste programme....

Elle les regarda, émue. Ils souriaient, contents d'eux; Et ils pouvaient l'être! Elle les embrassa, encore, en les remerciant, presque gênée, maintenant.

Quand les derniers partirent, ils lui dirent:"T'embêtes pas avec la salle, on s'en occupera demain"

Elle était ravie.

Et elle reprit son train, en sens inverse, pour la dernière fois.

Elle se sentait merveilleusement bien, sereine, en paix, en descendant du train. Elle marchait lentement, pensant au temps libéré qui l'attendait. Elle avait établi un programme précis. D'abord, dans quelques jours, elle partirait faire un Tour de France de tous ses amis et parents, neveux, nièces à qui elle n'avait jamais le temps de rendre visite. Cela l'occuperait environ 3 semaines, ce qui la mènerait fin mai. Elle aurait bien besoin à ce moment là de se poser et elle s'occuperait de la maison: il y avait beaucoup à réorganiser, des achats à faire qu'elle remettait sans cesse. Par exemple, il faudrait changer les meubles de jardin et les parasols. Peut-être aussi le barbecue. Refaire les peintures?

Elle était presqu'arrivée chez elle lorsqu'elle entendit un bruit de pas. On courait derrière elle. Perdue dans ses pesées, elle n'y fit pas attention.

Quelqu'un l'immobilisa par derrière pour lui voler son sac en le tirant violemment. Cela se passa très vite. On la poussa et elle reçut un coup derrière la tête. En tombant, son crâne heurta le trottoir. Elle eut le temps de penser"1er avril" avant de perdre connaissance.

Définitivement.

©Marie Célanie

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